Billet d’humeur #2 : là d’où je viens

– Tu viens d’où ?
– Du Maroc.
– Ah ça se voit pas.
– Oui je sais.

Et de Casablanca plus précisément. Ces quelques phrases inaugurent presque toujours mes conversations lorsque je rencontre quelqu’un pour la première fois et qu’on se présente un peu. Je m’amuse même à faire deviner aux gens d’où je viens.

 Ni fille de diplomate, de militaire, ni “expat”. Née en France, installée au Maroc à 4 mois et retour dans l’Hexagone à 18 ans, pour mes études. Ni “pied-noir” ni “Française du Maroc”, je suis d’origine marocaine par mon grand-père. Mais je n’ai pas encore la chance d’être marocaine moi-même.

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Sur la corniche de Casablanca.

Je n’ai pas connu le franc mais le dirham, j’ai bu de l’Oulmès, du Fanta et du Poms, les Merendina étaient ma religion. Des vaches et des moutons passaient devant ma maison et je voyais l’océan par ma fenêtre. A l’école les deux-tiers de mes camarades avaient la binationalité, pendant le Ramadan les cours étaient raccourcis pour que la journée puisse finir plus tôt, et les soirées de ftour sont parmi mes plus beaux souvenirs d’enfance. Je connaissais la France par la télévision et par Internet.

 Aujourd’hui mes retours chez moi s’espacent de plus en plus, car souvent l’été je travaille et je n’ose pas prendre des vacances, on sait jamais, je pourrais décrocher un job, donc je surveille mon téléphone. Y retourner me fait un bien fou, je me ressource, mais si j’ai parfois l’impression d’être dans une autre réalité en quelques heures d’avion. Alors je prends des photos encore, des personnes et des lieux.

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Dans le quartier du Maârif de Casablanca.

Un des liens que je conserve avec le Maroc est la langue arabe: j’ai baigné dedans, j’ai grandi entourée de personnes qui parlaient une langue que je ne comprenais que très peu. Je comprends un peu le dialecte marocain, mais un de mes objectifs de vie est de savoir au moins parler l’arabe classique pour me faire comprendre dans tous les pays arabes. Je prends des cours depuis maintenant 3 ans, je progresse assez doucement, on fait beaucoup de grammaire et de conjugaison.

Je ne pense pas retourner y vivre un jour, être étrangère complique les choses sur le papier, et être une femme journaliste ne les simplifie pas. J’espère juste pouvoir y retourner chaque année, voir mes parents et ma grand-mère, et recroiser des amis du lycée aujourd’hui éparpillés aux quatre coins du monde.

Fanny Cohen Moreau

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Hall de l’aéroport Mohammed V de Casablanca.

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Un chat bien curieux.

Lire aussi:

Billet d’humeur #1 : la fac, et après ?
Chronique casablancaise #1 et la #2

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Un commentaire pour Billet d’humeur #2 : là d’où je viens

  1. Lognelle dit :

    Bonjour, où avez-vous fait votre scolarité, au lycée français de Casablanca ?

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